Introduction – Le numérique : solution… ou angle mort de la transition ?
Le numérique est partout.
Il facilite nos vies, accélère les échanges, optimise les entreprises.
Mais derrière cette apparente immatérialité se cache une réalité beaucoup plus tangible :
👉 extraction de ressources
👉 impacts environnementaux
👉 enjeux sociaux majeurs.
Dans cet épisode du podcast Markoeur, j’échange avec Béla Loto, fondatrice de l’association Point de M.I.R.E, engagée depuis plus de 10 ans sur les enjeux du numérique responsable.
Son approche est à la fois pédagogique… et volontairement dérangeante.
« Le numérique responsable est un objectif à atteindre… pas une réalité actuelle. »
I. Numérique responsable : une notion encore floue
-1. Une expression séduisante… mais trompeuse
Le terme “numérique responsable” peut donner l’illusion d’un digital maîtrisé.
Or, pour Béla Loto :
👉 il s’agit presque d’un oxymore.
« On préfère parler de numérique plus responsable. »
Pourquoi ?
Parce que le numérique actuel :
- consomme énormément de ressources
- génère des inégalités
- reste loin de l’intérêt général.
-2. Être responsable : une notion positive
Contrairement à une vision culpabilisante, Béla redonne du sens au mot “responsabilité” :
👉 être responsable, c’est avoir un impact positif sur les autres.
« Être responsable, c’est agir de manière bienveillante pour l’intérêt général. »
II. L’illusion du numérique immatériel
-1. Une matérialité cachée
Smartphones, ordinateurs, serveurs…
Le numérique repose sur des objets physiques.
Et donc sur :
- des métaux rares
- des ressources non renouvelables
- des chaînes de production mondialisées.
-2. L’“ébriété numérique”
Béla Loto parle d’un phénomène fort :
👉 l’illimitisme numérique.
« On est dans une forme d’ébriété numérique. »
Car nous pensons que :
- tout est possible
- partout
- tout le temps
- sans limite.
Or, ces limites existent… et se rapprochent.
III. Les limites physiques du numérique
-1. Des ressources qui s’épuisent
Certains matériaux essentiels :
- antimoine → ~10-15 ans
- cuivre → quelques décennies
👉 Des horizons extrêmement courts à l’échelle industrielle.
-2. Une dépendance géopolitique
Le numérique dépend fortement :
- de certains pays (ex : Chine)
- de chaînes d’approvisionnement fragiles
- de tensions internationales.
« Sans certains minerais… pas de smartphone. »
IV. Le mythe du recyclage
-1. Un recyclage très limité
Contrairement aux idées reçues :
👉 le numérique est très peu recyclable.
« Certains métaux ne sont recyclables qu’à 1 %. »
-2. La vraie solution : le réemploi
La logique à adopter :
- prolonger la durée de vie
- réparer
- réutiliser.
👉 Éviter la production avant tout.
V. Les 3 leviers clés pour les entreprises
-1. L’achat (ou le non-achat)
Premier levier :
👉 acheter moins.
Puis :
- privilégier le reconditionné
- favoriser les circuits courts
- choisir des acteurs locaux.
-2. L’éco-conception des services numériques
Deuxième levier :
- limiter les contenus inutiles
- optimiser les sites et services
- réduire le poids des données.
-3. La gestion de fin de vie
Troisième levier :
- don
- réemploi
- recyclage réglementé.
👉 Dans une logique d’économie circulaire.
VI. Sensibilisation vs information : un enjeu clé
-1. Informer ne suffit pas
Béla distingue :
- information (brute)
- sensibilisation (émotionnelle)
- formation (analytique).
-2. Parler au cœur pour faire agir
« La sensibilisation, c’est parler au cœur. »
👉 Condition essentielle pour changer les comportements.
VII. L’angle humain : la face cachée du numérique
-1. Une chaîne de production invisible
Le numérique implique :
- travail minier
- assemblage industriel
- traitement des déchets.
-2. Donner une voix aux invisibles
Le podcast de Béla (“Loin des yeux, loin du cœur”) donne la parole :
- aux mineurs
- aux ouvriers
- aux recycleurs.
👉 Une réalité souvent ignorée.
VIII. Numérique et marketing : un enjeu majeur
-1. Produire moins de contenus
Le marketing digital contribue à :
- explosion des données
- multiplication des contenus
- surconsommation numérique.
-2. Aller vers une éco-conception éditoriale
Cela implique :
- publier moins
- publier mieux
- produire utile.
IX. Ralentir : le nouveau geste radical
-1. Repenser notre rapport au temps
Un des éco-gestes proposés :
👉 ralentir.
« Prendre le temps de respirer et regarder le ciel. »
-2. Déconnecter pour mieux vivre
Le mouvement “Log Off” illustre une tendance émergente :
- moins d’écrans
- plus de lien humain
- retour à l’essentiel.
X. Allonger la durée de vie des équipements
-1. Entretenir plutôt que remplacer
« Qui veut voyager loin ménage sa monture. »
-2. Considérer les appareils comme précieux
👉 Un smartphone = des ressources rares + du travail humain.
XI. Le rôle du marketing : rendre la sobriété désirable
-1. Créer une nouvelle narration
Le marketing doit :
- valoriser la sobriété
- rendre la durabilité attractive
- casser les codes de la surconsommation.
-2. Réhabiliter la “rébellion positive”
« Il faut être un peu rebelle pour faire de la durabilité. »
Conclusion – Le numérique responsable commence par une prise de conscience
Cet épisode met en lumière une réalité essentielle :
👉 le numérique n’est pas neutre.
Pour les entreprises, le défi est clair :
- réduire
- optimiser
- repenser.
Mais surtout :
👉 sortir du déni.
Car la transition numérique responsable ne sera pas technologique…
👉 elle sera avant tout culturelle.
Récap – Bonnes pratiques pour dirigeants et managers
- Réduire les achats d’équipements numériques
- Favoriser le reconditionné et le circuit court
- Allonger la durée de vie des appareils
- Mettre en place une éco-conception des contenus
- Sensibiliser les équipes (pas seulement informer)
- Réduire le volume de données inutiles
- Anticiper la fin de vie des équipements
- Questionner l’utilité réelle des outils numériques
- Encourager des temps sans écran
- Intégrer le numérique responsable dans la stratégie globale

