Introduction – Pourquoi la RSE ne peut réussir sans les collaborateurs
De plus en plus d’entreprises s’engagent aujourd’hui dans des démarches de responsabilité sociétale. Pression réglementaire, attentes des clients, transformation des marchés ou volonté d’impact positif : les raisons d’agir sont nombreuses. Mais une réalité apparaît rapidement dans les organisations : une stratégie RSE ne peut pas réussir uniquement au niveau de la direction. Pour produire des résultats concrets, elle doit être portée par l’ensemble des collaborateurs. Or, de nombreux dirigeants se heurtent à une difficulté majeure : comment mobiliser les équipes autour de ces projets ? Comment transformer une démarche parfois perçue comme institutionnelle en un véritable mouvement collectif ? Dans cet épisode du podcast Markoeur, j’échange avec Marion Ferlin, spécialiste de l’engagement des collaborateurs et de l’accompagnement des entreprises dans leurs démarches RSE. Son message est clair : la réussite d’un projet RSE repose avant tout sur la mobilisation humaine. Les stratégies, les outils et les indicateurs sont nécessaires, mais ce sont les collaborateurs qui donnent vie aux transformations.
I. Pourquoi les projets RSE échouent parfois dans les entreprises
-1. Une démarche perçue comme descendante
Dans de nombreuses organisations, la RSE est souvent portée par une petite équipe :
- la direction
- le responsable RSE
- le service communication
Si ces acteurs jouent un rôle essentiel, une démarche trop centralisée peut parfois créer une distance avec les collaborateurs. Les équipes peuvent alors percevoir la RSE comme :
- un projet institutionnel
- une obligation réglementaire
- une initiative éloignée de leur quotidien
Dans ces conditions, l’engagement des collaborateurs reste limité. Marion Ferlin rappelle que la RSE doit être vécue comme un projet collectif : « Une démarche RSE ne peut fonctionner que si les collaborateurs se sentent réellement concernés. »
-2. Un manque de lien avec les métiers
Une autre difficulté fréquente concerne le lien entre la RSE et les activités quotidiennes des collaborateurs. Lorsque la stratégie RSE reste abstraite, les équipes peuvent avoir du mal à comprendre :
- ce que cela change concrètement dans leur travail
- comment elles peuvent contribuer à la démarche
- quels bénéfices elles peuvent en retirer
Pour mobiliser les équipes, il est donc essentiel de connecter la RSE aux réalités opérationnelles.
II. L’engagement des collaborateurs : un levier de transformation
-1. Donner du sens au travail
L’un des principaux moteurs d’engagement des collaborateurs réside dans la recherche de sens. De nombreuses études montrent que les salariés souhaitent aujourd’hui travailler dans des organisations alignées avec leurs valeurs. Les démarches RSE peuvent répondre à cette attente en permettant aux collaborateurs de contribuer à des projets ayant un impact positif. Marion Ferlin souligne que ces démarches peuvent renforcer la motivation : « Lorsque les collaborateurs comprennent l’impact de leur travail, leur engagement change complètement. »
-2. Transformer la culture d’entreprise
La mobilisation autour de la RSE peut également transformer la culture des organisations. En impliquant les collaborateurs dans des projets collectifs, les entreprises peuvent :
- renforcer la coopération
- encourager l’innovation
- développer l’intelligence collective
Cette dynamique contribue à créer un environnement de travail plus stimulant et plus collaboratif.
III. Les leviers pour embarquer les équipes dans les projets RSE
-1. Impliquer les collaborateurs dès le départ
L’une des clés de la réussite des projets RSE consiste à associer les collaborateurs dès les premières étapes de la démarche. Plutôt que de présenter une stratégie déjà définie, les entreprises peuvent organiser des moments de co-construction :
- ateliers participatifs
- consultations internes
- groupes de travail
Cette approche permet aux collaborateurs de se sentir acteurs de la démarche.
-2. Valoriser les initiatives internes
Dans de nombreuses organisations, les collaborateurs ont déjà des idées ou des initiatives en matière de transition écologique ou sociale. Les entreprises peuvent encourager ces initiatives en :
- mettant en place des programmes d’intrapreneuriat
- organisant des défis internes
- valorisant les bonnes pratiques
Ces actions permettent de transformer la RSE en un mouvement collectif.
IV. Le rôle du management dans l’engagement des équipes
-1. Les managers comme relais de la transformation
Les managers occupent une position stratégique dans les démarches RSE. Ils constituent le lien entre la direction et les équipes opérationnelles. Leur rôle consiste notamment à :
- expliquer la stratégie RSE
- accompagner les équipes dans les changements
- encourager les initiatives
Lorsque les managers sont engagés, ils peuvent devenir de véritables ambassadeurs de la transformation.
-2. Donner l’exemple
La crédibilité d’une démarche RSE repose également sur la cohérence entre les discours et les pratiques. Les dirigeants et les managers doivent incarner les valeurs qu’ils souhaitent promouvoir. Comme le rappelle Marion Ferlin : « L’exemplarité est un levier puissant pour embarquer les équipes. » Lorsque les collaborateurs observent une cohérence entre les engagements et les actions, leur confiance dans la démarche augmente.
V. Faire de la RSE un projet collectif et durable
-1. Installer la démarche dans la durée
La mobilisation des équipes ne se construit pas en quelques semaines. Les projets RSE nécessitent un engagement sur le long terme. Les entreprises doivent donc mettre en place des dispositifs permettant de maintenir la dynamique :
- communication régulière
- suivi des actions
- partage des résultats
Cette continuité permet de consolider l’engagement des collaborateurs.
-2. Mesurer et valoriser les résultats
Pour maintenir la motivation des équipes, il est important de mesurer les résultats des initiatives mises en place. Les indicateurs RSE permettent par exemple de suivre :
- la réduction des impacts environnementaux
- l’évolution des pratiques internes
- l’engagement des collaborateurs
La valorisation de ces résultats contribue à renforcer la fierté collective.
Conclusion – La RSE, un projet avant tout humain
Les entreprises qui réussissent leur transformation durable ne sont pas uniquement celles qui disposent des meilleures stratégies. Ce sont surtout celles qui savent mobiliser leurs équipes autour d’un projet commun. L’échange avec Marion Ferlin rappelle que la RSE repose avant tout sur un facteur humain : l’engagement des collaborateurs. Lorsque les équipes comprennent le sens des actions et se sentent impliquées dans la démarche, elles deviennent un moteur puissant de transformation. Car au fond, une entreprise durable est avant tout une organisation capable de mobiliser l’intelligence collective de ses collaborateurs.
Récap – Bonnes pratiques pour dirigeants et managers
- Associer les collaborateurs dès le lancement des projets RSE
- Connecter les actions RSE aux métiers et aux activités quotidiennes
- Donner du sens aux projets en expliquant leurs impacts
- Encourager les initiatives et les idées des collaborateurs
- Valoriser les contributions individuelles et collectives
- Former les managers aux enjeux de la RSE
- Faire des managers des relais de la transformation
- Communiquer régulièrement sur les avancées et les résultats
- Installer la démarche RSE dans la durée
- Créer une culture d’entreprise fondée sur l’engagement et la coopération
Retrouvez d’autres épisodes du podcast Markoeur autour du management et des ressources humaines :
- N°5 – Régis Rossi : L’intelligence émotionnelle au service du marketing durable
- N°7 – Catherine Auguste : Bien-être et qualité de vie au travail
- N°29 – Marion Ferlin : Embarquer les équipes dans la RSE
- N°30 – Christophe Medici : Transformer pensées négatives en actions RSE
- N°32 – Élisabeth Lafosse : Préserver sa santé mentale au travail
- N°33 – Patrick Scharnitzky : Décrypter stéréotypes et manipulations mentales
- N°37 – Aurélie Goudant : Faciliter le retour après congé parental

