Réduire l’empreinte carbone de son entreprise

Introduction – Le bilan carbone, première étape vers une entreprise durable

Le changement climatique est désormais l’un des grands défis économiques du XXIᵉ siècle. Les entreprises, quelles que soient leur taille et leur activité, sont directement concernées par la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les réglementations se renforcent, les investisseurs deviennent plus exigeants et les consommateurs s’intéressent de plus en plus à l’impact environnemental des organisations.

Dans ce contexte, une question revient souvent chez les dirigeants : par où commencer pour réduire l’empreinte carbone de son entreprise ?

La réponse tient souvent en deux mots : bilan carbone.

Dans cet épisode du podcast Markoeur, j’échange avec Laurent Barbezieux, cofondateur de la plateforme Aktio, qui accompagne les entreprises dans la mesure et la réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre. L’objectif de cet échange est clair : démystifier le bilan carbone et montrer comment il peut devenir un véritable outil de pilotage stratégique pour les entreprises, notamment les PME et les ETI.

Car derrière cet exercice parfois perçu comme complexe se cache une réalité simple : on ne peut réduire que ce que l’on mesure.

I. Le bilan carbone : comprendre un outil clé de la transition écologique

1. Mesurer pour agir

Le bilan carbone consiste à mesurer l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre générées par l’activité d’une organisation.

Laurent Barbezieux résume :
« Le bilan carbone en deux mots, c’est mesurer pour agir : on mesure les émissions de gaz à effet de serre de son entreprise pour savoir ensuite ce qu’on peut faire concrètement pour les réduire. »

Cette mesure constitue la première étape indispensable pour toute stratégie de décarbonation.

Sans diagnostic précis, les entreprises risquent de concentrer leurs efforts sur des actions visibles mais peu efficaces. À l’inverse, le bilan carbone permet d’identifier les postes d’émissions réellement prioritaires.

2. Les trois scopes d’émissions

Le bilan carbone s’appuie généralement sur une classification en trois périmètres appelés scopes.

Scope 1 : les émissions directes
Il s’agit des émissions directement produites par l’entreprise :

  • combustion d’énergie sur site
  • véhicules de l’entreprise
  • activités industrielles

Scope 2 : les émissions liées à l’énergie
Émissions associées à la production d’électricité ou de chaleur consommée.

Scope 3 : les émissions indirectes
Souvent le plus important :

  • achats de biens et services
  • déplacements professionnels
  • transport des marchandises
  • usage des produits vendus
  • fin de vie des produits

Dans de nombreuses entreprises, le scope 3 représente plus de 70 % des émissions totales.

II. Pourquoi toutes les entreprises sont concernées par la décarbonation

1. Une transformation économique inévitable

Pendant longtemps, les politiques climatiques ont principalement concerné les grandes entreprises industrielles.

Aujourd’hui, la situation évolue rapidement.

Les PME et les ETI sont de plus en plus intégrées dans les chaînes de valeur des grands groupes. Elles doivent donc être capables de fournir des informations précises sur leur impact environnemental.

Les réglementations européennes, comme la CSRD, vont également renforcer les exigences de transparence.

« On ne peut pas continuer à se dire qu’on va réduire les émissions sans mettre les équipes et les moyens en face. »

2. Un sujet stratégique pour la compétitivité

Au-delà de la réglementation, la décarbonation devient un enjeu de compétitivité.

  • meilleure maîtrise des coûts énergétiques
  • attractivité renforcée auprès des talents
  • accès facilité aux financements

À l’inverse, les entreprises qui tardent à agir risquent de subir des contraintes plus fortes.

III. Les bénéfices concrets d’un bilan carbone pour une entreprise

1. Identifier les postes d’émissions prioritaires

Le bilan carbone permet de prioriser les actions.

  • achats de matières premières
  • transports
  • utilisation des produits vendus

Ce diagnostic permet de concentrer les efforts là où l’impact est réellement significatif.

2. Transformer la contrainte en opportunité

La transition écologique peut être une source d’innovation.

  • conception des produits
  • logistique
  • modes de transport
  • organisation du travail

IV. L’Analyse du Cycle de Vie : repenser les produits dès la conception

1. Comprendre l’impact d’un produit

L’Analyse du Cycle de Vie (ACV) analyse l’impact d’un produit de sa fabrication à sa fin de vie.

  • choix des matériaux
  • durée de vie
  • impact du transport

2. L’éco-conception comme levier stratégique

L’éco-conception intègre l’environnement dès la conception d’un produit.

Elle permet de réduire l’impact global et d’innover.

V. Mobiliser les équipes et les fournisseurs dans la transition

1. Un projet collectif

  • direction
  • équipes
  • achats
  • fournisseurs

La gouvernance des données devient clé.

2. Fixer un calendrier réaliste

« Si on met un an à finir son bilan carbone, cela peut démotiver tout le monde. »

Il faut avancer par étapes.

VI. Décarboner l’économie : un défi inédit

1. Un changement de modèle

« On n’a jamais eu d’économie industrielle moderne décarbonée. »

  • rythme de transition
  • coordination
  • modèles économiques

2. Avancer par petits pas

Chaque entreprise doit construire sa trajectoire progressivement.

Conclusion – Le bilan carbone, point de départ

Le bilan carbone est un outil de diagnostic essentiel.

Les entreprises qui s’engagent tôt transforment les contraintes en opportunités.

« À un moment donné, il faut s’y mettre. »

Récap – Bonnes pratiques

  • Réaliser un bilan carbone
  • Prioriser les émissions
  • Intégrer scopes 1, 2 et 3
  • Piloter avec la donnée
  • Utiliser l’ACV
  • Impliquer les équipes
  • Travailler avec les fournisseurs
  • Avancer par étapes
  • Innover
  • Penser long terme

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