L’Ademe : Le rôle clé des entreprises dans la transition écologique  

La transition écologique n’est plus une option 

La transition écologique n’est plus un horizon lointain réservé aux politiques publiques ou aux grandes institutions. Elle est désormais une réalité concrète qui s’impose à toutes les entreprises, quels que soient leur taille, leur secteur ou leur maturité sur les sujets RSE. 

Hausse des coûts de l’énergie, raréfaction des ressources, pression réglementaire, attentes sociétales de plus en plus fortes : le contexte économique et environnemental oblige les organisations à revoir en profondeur leurs modèles. Dans ce paysage en mutation, les entreprises ne sont plus seulement des acteurs économiques, mais des acteurs de la transformation écologique. 

Dans l’épisode 28 de Markoeur, j’ai eu le plaisir d’échanger avec Sylvain Waserman, président-directeur général de l’ADEME, pour décrypter les grands enjeux de la transition écologique, le rôle des entreprises et les leviers d’action concrets à leur disposition. 

Cet article propose une analyse approfondie de cet échange, en donnant des clés de lecture stratégiques pour les dirigeants, directions marketing, communication, RSE et innovation. 

 I. Comprendre la transition écologique : un changement de paradigme

-1. Une transformation systémique, pas une addition de gestes 

La transition écologique est souvent réduite à une liste d’éco-gestes ou à des actions ponctuelles : trier ses déchets, réduire sa consommation d’énergie, compenser ses émissions. Si ces actions sont utiles, elles ne suffisent pas. 

Pour Sylvain Waserman, la transition écologique est avant tout systémique. Elle implique de repenser en profondeur les modes de production, de consommation et d’organisation. Il ne s’agit pas d’ajouter une couche “verte” à un modèle existant, mais bien de questionner le modèle lui-même. 

Cette transformation concerne l’ensemble de la chaîne de valeur : conception des produits et services, approvisionnement, logistique, usages, fin de vie. Les entreprises doivent donc sortir d’une logique d’optimisation marginale pour entrer dans une logique de transformation structurelle. 

-2. Un enjeu économique autant qu’environnemental 

Contrairement à certaines idées reçues, la transition écologique n’est pas incompatible avec la performance économique. Elle devient même un facteur clé de résilience. 

Anticiper les contraintes environnementales permet de : 

  • sécuriser ses approvisionnements, 
  • réduire sa dépendance aux énergies fossiles, 
  • limiter l’exposition aux hausses de coûts, 
  • renforcer la robustesse du modèle économique. 

        Les entreprises qui intègrent ces enjeux trop tardivement prennent le risque de subir des ruptures brutales. À l’inverse, celles qui anticipent disposent d’un avantage compétitif durable. 

         II. Le rôle stratégique des entreprises dans la transition

        -1. Les entreprises comme leviers de transformation 

        Les entreprises jouent un rôle central dans la transition écologique, car elles structurent une grande partie des flux de matières, d’énergie et de services. 

        Sylvain Waserman insiste sur ce point : les politiques publiques seules ne suffiront pas. Sans l’engagement des acteurs économiques, les objectifs climatiques et environnementaux resteront hors de portée. 

        Les entreprises ont la capacité d’innover, d’expérimenter et de déployer rapidement des solutions à grande échelle. Elles peuvent faire évoluer les usages, proposer de nouvelles offres et influencer positivement leurs écosystèmes. 

        -2. Passer de la contrainte à l’opportunité 

        La transition écologique est souvent perçue comme une contrainte réglementaire ou financière. Pourtant, elle peut devenir une opportunité stratégique. 

        Repenser ses offres à l’aune des enjeux environnementaux permet : 

        • d’innover, 
        • de se différencier, 
        • de répondre à de nouveaux besoins, 
        • de renforcer la valeur perçue par les clients. 

        Les entreprises qui adoptent cette posture proactive transforment une obligation en levier de création de valeur. 

        III. L’ADEME : un partenaire pour accompagner les entreprises 

        -1. Le rôle et les missions de l’ADEME 

        L’ADEME accompagne les entreprises, les collectivités et les citoyens dans leurs démarches de transition écologique. 

        Son rôle ne se limite pas à la production d’études ou de recommandations. Elle agit comme un facilitateur, en proposant des outils, des dispositifs d’accompagnement et des aides financières adaptées aux réalités de terrain. 

        -2. Des outils concrets pour passer à l’action 

        Parmi les leviers mis à disposition des entreprises : 

        • diagnostics environnementaux, 
        • outils de mesure d’empreinte carbone, 
        • accompagnement à l’éco-conception, 
        • soutien à l’innovation et à l’expérimentation. 

          Ces outils permettent de structurer une démarche progressive, adaptée au niveau de maturité de chaque organisation. 

          IV. Sobriété, efficacité et innovation : les trois piliers de l’action

          -1. La sobriété comme point de départ 

          La sobriété consiste à interroger les besoins réels avant de chercher des solutions techniques. 

          Réduire les consommations inutiles, éviter le gaspillage et questionner les usages sont souvent les leviers les plus rapides et les plus efficaces pour réduire l’impact environnemental. 

          -2. L’efficacité pour optimiser les ressources 

          L’efficacité vise à faire mieux avec moins : améliorer les rendements énergétiques, optimiser les procédés, réduire les pertes. 

          Elle permet de concilier performance économique et réduction des impacts. 

          -3. L’innovation pour transformer durablement 

          Enfin, l’innovation permet de repenser en profondeur les modèles existants : nouveaux matériaux, nouvelles organisations, nouveaux services. 

          L’innovation n’est pas uniquement technologique. Elle est aussi organisationnelle, sociale et culturelle. 

           

          V. Embarquer les collaborateurs et les parties prenantes

          -1. L’humain au cœur de la transition 

          La transition écologique ne peut réussir sans l’adhésion des femmes et des hommes qui composent l’entreprise. 

          Former, sensibiliser et impliquer les collaborateurs est essentiel pour créer une dynamique collective et durable. 

          -2. Créer une culture de la transformation 

          Au-delà des outils, c’est une culture qu’il faut faire évoluer : 

          • accepter le changement, 
          • expérimenter, 
          • apprendre de ses erreurs, 
          • progresser en continu. 

            Cette culture de la transformation est un facteur clé de succès. 

            Conclusion – Anticiper pour rester maître de son avenir 

            La transition écologique est un défi majeur, mais aussi une formidable opportunité de réinventer les modèles économiques. 

            Comme le souligne Sylvain Waserman, les entreprises ont un rôle déterminant à jouer. En s’appuyant sur des partenaires comme l’ADEME, elles peuvent structurer des démarches pragmatiques, progressives et adaptées à leurs enjeux. 

            Anticiper aujourd’hui, c’est éviter de subir demain. Et surtout, c’est contribuer activement à une économie plus résiliente, plus responsable et plus durable. 

            Retrouvez d’autres épisodes du podcast Markoeur autour de la RSE :